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Equinox magie

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Chez Hagel (médiumnité - magie - spiritualité)


La sorcière au 21ème siècle

Publié par Hagel sur 4 Février 2018, 13:52pm

Catégories : #ésotérisme, #magie, #spiritualité

La sorcière au 21ème siècle

 

Bonjour,

 

 

L’image de la sorcière est sujette à controverse. Tantôt diabolique au Moyen-Âge, tantôt bouc émissaire au 18ème siècle. Cette image a profondément changé, dans la seconde partie du 20ème siècle et prend un tournant majeur à l’aulne du 21ème.

La sorcière a tout d’abord changé d’image dans l’art. Jusqu’au début du 19ème siècle, les sorcières sont représentées en étant nue, cheveux long, sexuellement entreprenantes/actives (le rapport avec le balai comme usage sexuel est connu). Puis, une nouvelle évolution durant le 19ème siècle, avec l’apparition du chapeau noir pointu, image issue d’une communauté juive hongroise. Sorcière et juifs partagent un statut de bouc-émissaire dans la société européenne, au travers du stéréotype antisémite du chapeau qui migre depuis la communauté juive à la communauté sorcière. Ce ne sera pas le seul stéréotype incriminé (le long nez crochu, les verrues, le fait de manger les bébés et de travailler avec le diable)...
Puis, au 20ème siècle, les séries des années 90 ont bouleversé la vision “sorcière”. Des femmes avec de la personnalité, indépendantes, autonomes, avec des pouvoirs, les rendant capables d’agir pour leurs convictions. Même si ce sont des femmes souvent bannies par la société, et devant cacher leurs statut sorcière. Une allégorie de l’indépendance de la femme, interdite par les sociétés patriarcales et qui exigeaient qu’elles vivent cette indépendance dans le secret.

Charmed, Buffy contre les vampires, et autre Sabrina apprentie sorcière ont bercé des générations d’enfants devenus adultes aujourd’hui et qui ont grandi avec ces images. Les publicités (comme celle de Nina Ricci, en 2013, pour le parfum “l’Eau” avec une jeune fille guidée par une chouette) ou la mode (avec le défilé de Jean Paul Gaulthier en 2015-2016 “sorcières et familiers”, des mannequins défilant avec des chats, dans des robes de velours noirs) utilisent les influences de la “witch culture” pour nourrir le renouveau artistique, et utiliser l’image de la femme puissante, mystique, inspiratrice.
La fantasy, avec le Seigneur des Anneaux, Harry Potter, a aussi fait entrer dans la culture de l’imaginaire, ce rapport à la magie, aussi bien féminin que masculin. Des phénomènes littéraires dont le public s’est emparé, puis le cinéma, faisant de ce genre une catégorie à part entière, avec ses sous-catégories (comme la bit-lit où cette image de la femme pleine de pouvoir est prédominante dans le genre). Et bientôt de nouveau dans les séries (préparation d’Amazon pour une nouvelle série autour de l’univers de Tolkien, Netflix avec Sabrina l’apprentie sorcière en version adulte)


Sorcière & féminisme sont ainsi devenus deux mots associés, en cette année 2018.

Particulièrement après les prises d’indépendances féminines, comme avec #metoo et #balancetonporc, ainsi que la libéralisation de la prise de conscience féminine dans les sociétés européennes et américaines.

Sociologiquement, la représentation des femmes en tant que groupe, fait peur. Un groupe de garçons jouant dehors ne préoccupe pas (ils s’amusent ensemble), mais un groupe de femme a tendance à effrayer (elles pourraient se détourner du droit chemin entre-elles).
Les sorcières sont devenues l’incarnation des femmes historiquement persécutées pour leur prise de parole, leur capacité à guérir (sage femme, et autres femmes proche de la phytothérapie au Moyen-Âge). Ou encore persécutées pour être sexuellement libre, intelligente, ou trop étrange, trop en dehors des normes d’une société.

 

Exemple, avec ce mème courant dans la witch culture, sur les réseaux sociaux :

 

Ou encore le positionnement de Lana Del Rey pour appeler à la sorcellerie face à D. Trump, dont la misogynie est sans équivoque.

 

Mais attention, il ne faut pas considérer par défaut que la sorcière est féministe. L’association des deux termes vient du fait que la sorcière est indépendante, capable d’agir, incarnation d’une femme forte et libre. Et non pas une femme engagée pour le féminisme.

Pourquoi l’archétype de la sorcière est-il résurgent ?

Parce qu’il permet d’affronter un monde de plus en plus dur, et de moins en moins conciliant, au travers de la mystique, et du retour aux racines d’une tradition paganiste idéalisée.

Paganiste au sens où ces sorcières persécutées n’étaient pas des chrétiennes convenables, entravées dans leur foi en des dieux et déesses différents des grandes traditions monothéistes.
Si l’ère du romantisme au 19ème siècle a vu un retour à la mythologie grecque idéalisée, nous sommes probablement dans une période similaire concernant la sorcellerie.

Mais ne vous trompez pas, la witch culture est actuellement désorganisée, peu unie, et avec des courants divergents en son sein. Certaines ne se sentiront pas féministes pour deux sous. D’autres seront politisées (engagement pour l’avortement, avec le “Witch bloc” par exemple). D’autres encore uniront science et connaissance ancestrale pour trouver un équilibre dans leurs vies. Il n’y a pas “une” sorcière type, actuellement en Europe.

 

Mais si nous devions faire une généralité, pour le néophyte en ce domaine, voici une définition possible, qui n’engage que l’auteure de cet article :

"la sorcière incarne aujourd'hui l'archétype de la femme qui cherche la connexion aux savoirs traditionnels, dont l'herboristerie par exemple, tout en étant libérée du carcan patriarcat, incarnant la femme forte, indépendante, affirmant son identité par sa différence et son recours aux forces naturelles."

 

Ramifications de la witch culture

A cette “witch culture” s’associe beaucoup de domaines annexes : recours aux méthodes naturelles (phytothérapie, naturopathie), engagement en faveur de la Nature (écologie, végétarisme, véganisme), intérêts pour les mystiques paganistes (celtes, nordiques, wicca, ainsi que les traditions de rituels et sorcellerie de campagne), accointance avec l’art (photographie, peinture, illustration), préférence pour la construction par soi-même de ses objets de “pouvoir” (cosmétique, livres, objets de cultes…)
Ce sont souvent des femmes, ainsi que des hommes, qui sont prêts à faire les actions nécessaires pour vivre de façon équilibrée leur vie, à l’image qu’ils désirent. Avides de lectures, de découvertes, de partages, c’est une communauté en plein renouveau, et qui se structurera sûrement dans la décennie à venir, pour devenir puissante, dans le domaine spirituel et ésotérique français.

 

Bien à vous, Hagel

 

Image : Photo by Allef Vinicius on Unsplash

-> Article écrit pour le magazine Alliance Magique Editions, numéro 3, janvier-avril 2018

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