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Equinox magie

Equinox magie

Chez Hagel (médiumnité - magie - spiritualité)


Dragons & draconie

Publié par Hagel sur 1 Juin 2013, 10:19am

Catégories : #Magie draconique, #magie, #dragon, #draconie




Dragons & Draconie



Ah Harry Potter chevauchant son dragon, les playmobils dragons, ou encore les drapeaux du Pays de Galle au tournoi des 6 nations...
Le dragon est partout, il nourrit l’imaginaire, il nous suit depuis des milliers d’années.
Objet de fascination, il est l’une des créatures mythiques les plus complexes par toutes les facettes qu’il représente.
Mais plus que cela, il est aussi le dépositaire d’un monde complexe. Un monde intérieur et extérieur.
Et après tout, qu’est ce que les dragons et la draconie ? Un chemin ? Des questions spirituelles ? Une énergie ?
Que représente-t-il ?

Pour des raisons pratiques, la mythologie liée au dragon a été en (énorme) partie survolée dans ce dossier, et présentée de façon succinte pour comprendre l’approche ésotérique. La mythologie et les dragons seront abordés dans un autre pavé dossier


Origines :
Du latin draco, lui-même du grec ancien δράκων drákôn (sens 1er dragon), dérivé de δρακεῖν drakeîn provenant du verbe δέρκομαι dérkomai (« voir clair »).
wikitionary

Pour la minute culture G: dracène est la femelle du dragon, dans la mythologique antique.

Dérives et correspondances à d'autres animaux/créatures :
On peut noter plusieurs connexions du dragon avec d’autres êtres vivants:
serpent (en Corée, le serpent attend mille ans avant de devenir dragon et le serpent se nomme le « petit dragon » à l’oral en chinois), vouivre, basilic, gargouille, léviathan, naga, hydre, lindworm...

La meilleure illustration du lien étroit entre dragon et autres animaux se situe probablement dans l’islam :
Coran et Islam :
Coran 26 : 32
"Moïse jeta son bâton et ce fut un dragon."
Dans le Coran, le mot dragon en arabe est Thuban qui se traduit littéralement par tête de serpent. Et Thuban est aussi le nom d’une des étoiles de la constellation du dragon, et qui était l’étoile polaire durant l’apogée de la civilisation égyptienne antique, les temples étant souvent construit par rapport à cette étoile.


Spiritualités & symboles

Les plus anciennes traces connues remontent à 6000 ans environ, dans une tombe néolithique de Xishuipo, site archéologique de la province du Henan, en Chine : formée de coquillages, sa forme se détache nettement aux côtés du défunt. La découverte de cette tombe date des années 1980. Une autre représentation, vieille de 2500 ans, constituée de briques de couleur, fut découverte sur les murs de la porte d'Ishtar, une des monumentales portes de Babylone.

Au Proche Orient les dragons sont anciens et ils entrent dans la composition de toutes les cosmologies. Ils sont souvent maléfiques, associés aux forces obscures et aux dieux infernaux. Ainsi, Bël-Mardük se bat contre Tiamat qu’il dépèce et il constitue ainsi de son corps la voûte céleste. Le dragon est égalument l’un des animaux associés à l’infernal Nergal, dieu des massacres, de la peste et la mort. Le héros Gilgamesh et Enkidu se rendent au Liban dans la forêt pour tuer le seigneur des cèdres, le montre Humbaba que l’on imagine comme étant un dragon. Chez les Persans, le dragon est également assimilé au Mal, que combattent tous les héros de Shah Naman.

Toutefois, le milieu mésopotamien était favorable au développement d’une iconographie positive du dragon. Chez les Sumériens, le dragon est un des signes des diverses divintés. Dans un premier temps, il émergeait de leurs épaules, comme les langues de feu du soleil. Puis divinités et serpent-dragon se sont dissociés dans la période akkadienne et il accompagne désormais le dieu, sorte d’animal attribut. La plupart des dieux suméro-akkadiens ont de ce fait un dragon caractéristique qui les accompagne.
L’image du dragon était souvent un symbole de pluie, de fertilité, et considérée comme celle d’une divinité protectrice de la nature et servait de talisman contre les famines.

On trouve des monstres aux formes semblables, mais néanmoins différents, dans presque toutes les cultures antiques, et ces mythes se sont par la suite « contaminés » les uns les autres, pour s'approcher de la figure actuelle, désormais universelle.
[...]
Le dragon a aussi des fonctions magico-religieuses et cosmologiques, car comme le fils du ciel, les chamans Tungus portaient un vêtement orné d’étoiles, de la Lune et du Soleil et de dragons cosmiques. De même, la tribu Kök Türk rendait un culte au dragon Kök Luu, sorte de divinité chtonienne, à la fois dieu du Ciel et des eaux.

Images du ciel d'Orient au Moyen age, Par Anna Caiozzo

Dragon dans la bible:

"Tout compte fait, on s'aperçoit que le serpent et le dragon, au moins dans le nouveau Testament, en viennent à symboliser le mystère du mal qui transcende l'homme [symbole ponérologique au sens le plus strict]; il en va de même pour les sauterelles de l'apocalypse.

On ne peut pas en dire autant du monstre, de la bête solitaire; à une exception près peut être, son champs d'évocation se limite au mystère du mal anthropologique, celui qui contamine en profondeur la gestion humaine de l'histoire, à telle enseigne que la succession des empires et des systèmes politiques n'arrive jamais vraiment à régler le problème. Ceci dit, cependant, on ne saurait dissocier les deux niveaux de symbolisme: dans l'apocalypse, ils apparaissent intimement liés; en effet, c'est du dragon (Satan) que provient le pouvoir de la bête (Rome). La conclusion s'impose, en pareil contexte théologique du moins: tout pouvoir corrompu chez les humains, a pour mystérieuse origine des forces maléfiques antérieures et supérieures à eux.
[...]
Quelles statistiques? Dans quelles proportions la Bible utilise-t-elle les figures de monstres en sens symboliques, tous porteurs de la valence négative [symbole de chaos cosmique, de mal humain, de mal transcendant, selon les cas]
Pour l'ancien Testament pris isolément, la proportion se chiffre à 50%. Dans le nouveau Testament (apocalypse seulement), elle grimpe à 100%; et là le dragon devient symbole ponérologique au sens le plus strict [satanique]
[...] Exceptions bibliques: les hybrides célestes du livre d'Ezechiel (symbole de totalisation cosmique) et l'un des deux dragons du rêve de Marchodée (symbole de victoire du bien sur le mal).

Les Symboles dans la Bible: essai de théologie biblique enracinée, Volume 1, Par Marc Girard

Symbole de cette force ténébreuse que les chrétiens cherchent à dompter: c’est le combat de Saint Michel contre le dragon, la bête de l’apocalypse qu’il vainc au profit de la lumière et de dieu.

Selon les continents

Asie :

Lóng (龍trad. 龙simpl.) chinois
« Le redoutable dragon ne l'emporte pas sur le serpent lové dans l'herbe. » Proverbe chinois
Le dragon est l’animal emblème de la 2ème des 28 constellations zodiacales. Ce choix pourrait être lié à celui du printemps.
Il est l’un des quatre animaux:
Les quatre animaux (chinois : 四獸, pinyin : sì shòu), encore appelés quatre pouvoirs (四靈, sì líng) ou quatre figures (四象, sì xiàng), sont les symboles et les gardiens des quatre orients dans l’astrologie chinoise et le feng shui. Au Japon, on les connait sous le nom de "Shijin" (quatre dieux). Ce sont le dragon azur de l’Est (Bois), la tortue noire du Nord (Eau), le tigre blanc de l'ouest (Métal) et l’oiseau vermillon [phénix] du Sud (Feu). Vers la fin des Royaumes combattants, ils ont été intégrés dans le système des cinq éléments avec la licorne jaune du Centre (Terre). Par le biais de la systématique quinaire il devenait symbole du printemps qui se manifeste par le tonnerre et les pluies fertilisantes.
Il était en même temps un des quatres animaux primordiaux (tigre, phénix, tortue), ancêtre et souverain des animaux à écailles.
En raison de la double symbolique du Yang croissant et de la renaissance printanière, le dragon était à ce titre, l’animal dont les transformations étaient les plus nombreuses et les plus essentielles, le plus correspondant.
Naitre l’année du dragon est toujours un présage faste en Chine (au point que le gouvernement lance de grandes compagnes de découragement pour les parents, en raison d’un fort pic de naissance ces années là).
Le nombre de dragons du panthéon chinois est particulièrement important. Ils peuvent être messagers des dieux, guides des humains, gardiens des richesses de la terre, ou maîtres des éléments. Néanmoins certains types se détachent de par leur importance :
Tian-long (ou t’ien-lung, 天龍, littéralement « le dragon du ciel »), le dragon céleste. C'est le gardien des demeures divines et le protecteur des cieux. Il porte parfois les palais des dieux directement sur son dos, les maintenant en l'air. Il symbolise l'élévation vers un état supérieur.
Shen-long (ou shen-lung, 神龍, littéralement le « dragon spirituel »). Ce dragon ailé aux écailles d'azur fait tomber la pluie en marchant sur les nuages, et fertilise de ce fait la terre. Cependant le vent et la pluie dont il est responsable peuvent aussi être source de catastrophes, raison pour laquelle on les craignait tout autant qu'on les vénérait. C'était aussi le symbole impérial. Seul l'empereur était autorisé à arborer le dragon à cinq griffes, entre autres sur ses vêtements de cérémonie.
Di-long (ou ti-lung, 地龍), le dragon terrestre. Il est le maître des sources et des cours d’eau qu'il dirige à son gré. Il séjourne durant l'été dans le ciel et passe l'automne dans la mer.
Fu-zang long (ou fu-ts’ang-lung, 伏藏龍), le dragon gardien des trésors. C'est le protecteur des fabuleux trésors de pierres et de métaux précieux enfoui au sein de la terre, et interdits aux hommes.
Il existe d'autres dragons possédant une certaine renommée comme :
Huanglong (黃龍), dragon jaune ou cheval-dragon. C'est le messager divin qui émergea de la rivière Luo pour communiquer aux hommes, par l'intermédiaire de Fuxi, les huit trigrammes du système divinatoire connu sous le nom de Yi Jing.
Panlong (蟠龍). Ces dragons sont connus pour vivre dans les lacs de l'Est.
À la fin de sa vie, Huángdì, enfourcha un dragon pour se diriger vers l'Ouest avant d'être arrêté par l'un de ses ministres.
C'est grâce à un dragon que Yu le Grand put mettre au point les techniques d'irrigation et drainer les eaux surabondantes. Il monta vers le séjour céleste sur ce même dragon à sa mort.
Long wang (龍王) ou Roi Dragon.

Les dragons orientaux sont intimement liés au climat et à l'eau. Ils ont d'ailleurs tendance à vivre dans ou à proximité de grandes étendues d’eau : fleuves tumultueux, au fond des océans ou au cœur des gros nuages. Comme ses attributs, il était à la fois bénéfique et dangereux. La croyance dans les dragons est plus forte que celle dans les autres dieux, car le peuple les voit avec fréquence dans les nuages changeants. On dit en Chine que « quand les dragons entendent le tonnerre, ils se lèvent ; les nuages arrivent et, s’étant tous formés, les dragons montent et circulent ainsi dans le ciel »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dragon_oriental

les ryuu (竜) japonais
Nombre de sanctuaires et d'autels en l'honneur des dragons peuvent encore être vus dans plusieurs régions de l'Extrême-Orient. Ils sont habituellement situés près des côtes et des berges de rivières, révélant l'étroite association entre dragons orientaux et eau. L'île du temple d'Itsukushima, dans la mer intérieure du Japon est devenue une halte célèbre pour les pèlerins qui y méditent et prient les dragons.
Les sculptures de dragons peuvent aussi être utilisées pour décorer l'extérieur des temples bouddhistes et taoïstes de Chine, Corée, Viêt Nam ou Japon. Ils représentent les obstacles humains de la vie qui doivent être traversés avant d'atteindre l'illumination.
La danse du dragon doré (Kinryū-no-Mai) se tient chaque printemps au temple de Sensō-ji, à Asakusa. Le dragon est élevé du sol du Sensō-ji et parade dans le temple. Les gens jettent de l'argent à travers la grille et touchent le dragon censé porter chance. Le dragon est ensuite porté hors de l'enceinte du temple et effectue une danse devant la foule. Ce festival commémore la découverte en 628 du Kannon en or du temple, qui représente la déesse de la pitié, par deux frères qui pêchaient dans la rivière Sumida. La légende raconte que cette découverte fit voler les dragons dorés dans le ciel. La danse est réalisée en commémoration de cela et pour apporter bonne fortune et prospérité.

Note:
À la fois dans la mythologie chinoise et japonaise, les Rois-Dragons occupent une place importante. Généralement haut placés dans le panthéon, ils régissent le climat et sont donc l'intermédiaire entre l'homme et les dieux. Ils séjournent principalement au fond des mers.
Ils peuvent aussi être les gardiens de source, de puits, ou de fleuves.

Le rong, Vietnam:
Au Viêt Nam, le dragon (rồng ou long) est la figure sacrée la plus importante. Comme les autres dragons asiatiques il fut fortement influencé par le dragon chinois. Selon le mythe de la création en vigueur au Viêt Nam, tous les vietnamiens sont les descendants d'un dragon et d'une nymphe des montagnes.
Comme en Chine, le dragon apporte la pluie, essentielle pour l'agriculture. Il représente aussi l'empereur, la puissance de la nation et est le symbole du yang, principe de vie et de croissance.

La légende
Le petit-fils de la 5e génération de Shennong, Lạc Long Quân, dragon roi de la mer de Đông, épousa une fée, u Cơ, fille du roi Đế Lai. u Cơ pondit 100 œufs desquels éclorent 100 fils. Le premier né devint le roi du Lạc Việt, la première dynastie du Viêt Nam, se proclamant lui-même Empereur Hùng Vương Premier (qui fut ensuite suivi par Hùng Vương le second, Hùng Vương le troisième et ainsi de suite à travers 18 règnes). Cette histoire est à l'origine du proverbe vietnamien : « Con Rồng, cháu Tiên » (« Fils du dragon, petits fils de fée »).

Europe:

Nord de l'Europe:
Suite à un contention entre les dieux, où Loki a tué sous forme de loutre le fils de Hreimdar, celui-ci demande en dédommagement une grande quantité d'or. Mais cet or est maudit, et se retourne contre lui (anneau des Nibelungen)
Effectivement, Hreidmar fut tué peu de temps après par ses propres fils, Fafnir et Regin, qui prirent la fuite avec le trésor maudit.
Fafnir garda le trésor pour lui seul, et afin de mieux le protéger il se changea en dragon (symbole de l'avarice).
Quant à Regin il devient orfèvre à la maison royale du Danemark, le roi Hjalprek du Jutland. Là, Regin recueillit Sieglinde perdue dans cette contrée inconnue, juste avant qu'elle donne naissance à son fils Siegfried.
Il fit l'apprentissage du jeune Siegfried (ou Sigurd) et l'enjoignit à terrasser le dragon Fafnir, projetant de le tuer après pour s'approprier le trésor.
Siegfried trouva le dragon et le transperça par en-dessous, puis suivant les conseils de Regin, il fit rôtir le cœur du monstre ce qui lui donna une force prodigieuse et but quelque goutte de son sang ce qui lui permit d'apprendre le langage des oiseaux, qui était l'un des pouvoirs de Fafnir.
Les oiseaux se mirent donc à parler à Siegfried le prévenant que son père adoptif allait le tuer pour s'approprier le butin.
Donc quand Regin vint à la caverne pour savoir qui avait gagné, Siegfried le tua aussitôt gardant pour lui le trésor enchanté ce qui perpétua l'histoire maudite de l'anneau des Nibelungen.

http://mythologica.fr/nordique/fafnir.htm


On comprend ainsi le partage du dragon entre deux places:
celle de la force obscure, cachée, chaotique qui est combattue, et la force d’équilibre, d’ordre, intermédiaire entre la divinité et le monde physique.
Gardien des trésors, gardien des sources, symbole de fertilité, la dualité fait de lui un être complémentaire.


Esotérisme, médiumnité, magie:

Dragons : entité ou égrégore ?

On pourrait aussi ajouter: dieu ou entité?
Le dragon possède de multiples facettes. A la fois représentation des forces de la nature et de notre inconscient, il est aussi entité si l’on se réfère à ses représentations et sa conscience, ainsi que sa sagesse.
Après plusieurs millénaires de spiritualité, de pratique magique, chamanique sur les dragons, sur tous les continents du globe, sous des formes très diverses parfois, il est indéniable que même si l’entité peut être considérée comme existante, qu’elle soit de qualité divine ou pas, l’égrégore est forcément présent.
Le dragon est ainsi autant archétype, qu’être.

Mais il a un statut à part, de fait de sa place d'animal, même si cet animal peut être intelligent et supérieur à l'homme par ce qu'il incarne.
Et c'est peut être là où l'une des principales contradictions se pose entre l'Orient et l'Occident. L'Orient lui offrant la place d'un quasi dieu, et l'Occident le craignant comme une bête maléfique. Le rapport à l'animalité est aussi notre rapport au dragon.

En tout cas, il n'est pas possible de répondre à la question de l'entité ou de l'égrégore qui naquit en premier, mais il est certain que l'égrégore est lui bien présent.

Le chamanisme totémique

Totémique ?
« Le totémisme est d'abord la projection, hors de notre univers, et comme par un exorcisme, d'attitudes mentales incompatibles avec l'exigence de la discontinuité entre l'homme et la nature, que la pensée chrétienne tenait pour essentielle ». Lévi-Strauss (la pensée sauvage, 1962)
Philippe Descola, à l'inverse, présente le totémisme comme un des 4 modes universels d'identification ("ontologies") dont les hommes procèdent à l'égard des autres existants non humains, animaux ou végétaux.
Ce mode d'identification se fonde sur 2 critères : "l'intériorité" et la "physicalité" - rappelant la traditionnelle dualité de l'âme et du corps - chaque critère donnant lieu, soit à une fusion, soit à une discontinuité entre existants humains et non humains. Dans le totémisme, il y a fusion des intériorités et des physicalités, faisant que chez les Aborigènes, par exemple, c'est un ancêtre hybride humain/non humain - homme / kangourou - venu du "Temps des rêves", qui fournira comme descendants terrestres : un homme et un kangourou, ce dernier étant devenu du fait même son "alter ego". Les 3 autres ontologies sont l'animisme, le naturalisme et l'analogisme.

Le dragon est une façon d’intégrer des facteurs universels et personnels dans une approche de gestion des énergies. Ainsi, ce n’est pas tant l’existence en tant que véritable entité ou égrégore, du dragon qui importe, mais le fait qu’il est la représentation d’un pont entre nous et des forces qui nous dépassent.

Il représente la force intermédiaire pour le chaman:
le lien entre le céleste et le terrestre, la fertilité, tout comme aussi une force de protection (le sang du dragon Fafnir rendant invincible Sigurd, sauf à l'endroit où une feuille de tilleul s'était posée).
C'est la parfaite représentation psychopompe (notion transcendantale, l'animal portant le pratiquant vers d'autres niveaux de conscience, d'autres "espaces" et d'autres "non-lieux") du chaman qui touche aux forces de la nature et qui recquiert son aide.
On disait que le dragon de l'empereur jaune s'il ne volait pas, n'apportait pas la pluie, et que s'il volait faisait tomber la pluie. Ainsi, il est directement lié au contrôle des éléments naturels, dans une notion de conciliation des forces, de l'homme face à la puissance de la nature.
Sa multi-représentation, ainsi que ses perspectives liées aux éléments en fait un vrai couteau suisse ésotérique.

Astrologie:

Occidentale :
l'axe de la destinée: le dragon moteur de l’immortalité karmique

Dragon et astrologie:

 


L'astrologie occidentale utilise le dragon pour symboliser le karma, nous parlons alors d'astrologie karmique.

L'axe du dragon, ou noeuds lunaires d'un thème constituent l'axe qui nous renseigne sur l'évolution de l'âme.
Le noeud SUD ou Queue du dragon exprime les acquisitions de nos vies passées, retrace les choses déjà connues dont nous devrons nous servir pour évoluer vers le noeud opposé.
Le noeud NORD ou Tête du dragon est la direction vers laquelle nous devrions tendre, l'espoir que nous avons mis dans cette nouvelle expérience de vie.


exemple de thème natal

Ce sont des points fictifs, calculés, un schéma vaut parfois mieux qu'un long discours:



Le point de vue est géocentrique, celà fonctionne aussi en héliocentrique.
Il s'agit du croisement de la lune et du soleil, donc d'éclipses.

On associe ainsi des énergies expansives pour la tête du dragon, et des énergies combatives pour la queue.
« D’où vient que la teste du dragon est de mesme nature que les deux fortunes Jupiter et Vénus, et augmente la force des planètes avec lesquels elle se conjoinct ; tellement qu’avec les bons elle est bonne et fortunée, et avec les mauvais très pernicieuse. La queue du dragon au contraire est de la nature des infortunes Saturne et Mars, car elle préjudicie grandement et diminue la force des planettes avec lesquels elle se conjoinct, puisque avec les bons il est mauvais et avec les mauvais salutaire ». L’Usage des Ephémérides (Paris, 1624) d’Antoine de Villon


Mythologie hindou et astrologie occidentale

Les anciens textes Hindous racontent une légende : l’anti-dieu Rahu, fils de la lionne Simhika tenta de s’approprier le breuvage d’immortalité :
"Alors que les dieux se partageaient le nectar, un Danava (génie) normé Rahu, déguisé en dieu, voulut boire sa part. Le soleil et la Lune le décrouvrirent au moment où le nectar pénétrait dans son gosier. Ils en informèrent les dieux. Vishnu aussitôt trancha de son disque la tête du Danava qui fut projeté dans le ciel où elle émit des cris pitoyables, tandis que le corps roulait sur la terre qu’il fit trembler, avec ses montagnes, ses iles et ses forêts. Depuis ce jour il existe une querelle entre la tête de Rahu et ses dénonciateurs, le Soleil et la Lune. C’est pourquoi, il essaie éternellement de les dévorer." Bhagava Purana, 10, 8, 9.
Ainsi, à chaque fois qu’il se produit une éclipse, les 2 luminaires seraient temporairement avalés par le dragon. Rahu devint la Tête du Dragon, nœud ascendant de l’orbite lunaire et Ketu, sa Queue, le nœud descendant, qui sont en astrologie appelés les nœuds lunaires.
L’astrologie arabo-persane en repris aussi le thème via l’astrologie sassanide, et adopta l’existence d’une pseudo planète dont le nœud ascendant fut nommé la Tête, et le nœud descendant, la Queue ; considéré comme la 8ième planète, al-Jawzahar, le dragon des éclipses de Lune.

L’astrologie karmique occidentale a directement emprunté ses fondements à l’hindouisme pour ses notions de karma, c’est pourquoi on appelle ces nœuds tête et queue de dragon.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Ketu
Images du ciel d'Orient au moyen âge, Anna Caiozzo.



Le dragon représente l’être qui permet à l’homme de se transcender, de se dépasser, et ainsi aller au delà de sa destinée, de son karma, et atteindre cette immortalité espérée.


Alchimie et Tao:

Le dragon représente les forces qui s'affrontent en nous. Et les forces qui s’affrontent dans l’univers, toujours dans un jeu d’équilibre.
Entre chaos et ordre, il est le représentant de ces deux forces.
Le dragon est le symbole du mercure philosophal. Deux dragons qui se combattent désignent les deux matières du Grand Oeuvre: l’un est ailé, l’autre pas, pour signifier la fixité de l’une, la volatilité de l’autre. Lorsque le soufre, fixe, a changé en sa propre nature le mercure, les deux dragons font place à la porte du jardin des Hespérides, où l’on peut ceuillir sans crainte les pommes d’or (donc atteindre l’immortalité).

On peut aussi noter l’ambivalence Yin et Yang du dragon:
Yang comme signe du tonnerre et du printemps, de l’activité céleste
Yin comme souverain des régions aquatiques, comme principe alchimique, en tant que métamorphose

Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier, Alain Gheerbrant

Taoïsme

Le yi king
Le dragon est aussi figuré par l'hexagramme K'ien (chen), principe du ciel et de la création, et dont les 6 traits sont six dragons attelés figurant les étapes de sa manifestation.

Le Dragon représente aussi le cycle de la végétation.
La première de ces manifestations est le « dragon invisible », à l'image de la semence enterrée, le pouvoir de la création non encore exprimée.
La deuxième est nommée « dragon des champs », à l'image du germe qui croît, mais n'est pas encore visible.
La troisième se nomme « dragon visible », et symbolise le germe apparaissant hors de terre.
La quatrième est le « dragon bondissant » : la plante croît et donne ses fruits.
La cinquième est dite « dragon volant », à l'image des graines et pollen qui essaiment.
La sixième enfin est le « dragon planant », c'est l'esprit qui ordonne le tout, le roi-dragon céleste

Note de Nurash:
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Deux traits yin recouvrant un trait yang, il s'agit du tonnerre. Une manière de dire que la souplesse peut receler une grande force ou ce trigramme peut également désigne la part de spiritualité, son étincelle dans la matière.


Le dragon, énergie et art martial:
La correspondance avec le dragon dans l’art martial renvoi à des techniques de mobilisations des énergies pour atteindre un état (autant physique, mental, qu’énergétique) qui induit des capacités d’actions liés à ce que représente le symbole utilisé.
Voir: état de conscience modifié.

Jerry Alan Johnson décrit le style du Dragon comme étant double : il peut être aérien comme le dragon volant dans le ciel ou aqueux, comme le dragon des profondeur.
"Chen représente le tonnerre. ll correspond à l'éclair et au mouvement. Dans le royaume des objets physiques, Chen devient le dragon. Le dragon à la capacité de condenser ses os (en les contractant vers l'intérieur par l'intention), de sauter, de voler et de se transformer de façon imprévisible. Le dragon est extrêmement souple, agile, et peut se transformer en deux types différents d'énergie martiale : le dragon d'eau (qui est solide et lourd), et le dragon du ciel (qui est léger et vaporeux). Les caractéristiques combattantes du dragon sont pousser, tirer, accrocher, séparer, envelopper, lâcher, lever et avancer.Le corps du dragon peut ruisseler et palpiter, les bras s'étireront et se condenseront pendant qu'il tourne et ondule. Il est empathique et arrogant dans son mouvement giratoire. Il a une attitude de supériorité.
[...]
Si les attaques du dragon sont pratiquées correctement, tout le ch’i va se rassembler autour du foie et le métabolisme sera en harmonie. Si la pratique est incorrecte, le foie sera en surchauffe, provoquant du stress, une pression sur l'organe et un surmenage du ch'i.

Le trigramme chen symbolise le tonnerre. Il montre un trait yang au-dessous de deux traits yin. Le trait yang représente quelque chose de dynamique et d'explosif essayant de se libérer de la terre comme un séisme ou, selon la culture chinoise, comme le tonnerre. Energétiquement, cela donne du corps la définition suivante : la partie basse est dure, la partie supérieure est douce, la partie inférieure est calme, mais la partie interne constamment en mouvement. C'est une indication de la méthode à utiliser pour rechercher la connexion avec vos os, ce qui permet de multiples changements avec une grande force."

Jerry Alan Johnson, essence des arts-martiaux internes tome 1 : Techniques ésotériques de combat et de guérison


Taoïsme et place du dragon:

Au sein des Quatre animaux, deux groupes existent :
Gérant l'énergie céleste (yang) et terrestre (yin), sont le dragon vert et le Tigre Blanc. Ces deux animaux forment le corps énergétique du prêtre Taoïste
Gérant de l'énergie du feu (yang) et de l'eau (yin) sont le phénix et la tortue/serpent (voir parfois le sombre général mystérieux). Ces deux animaux forment le corps spirituel du prêtre Taoïste.

Le tigre est puissant et direct, feu, il est très agressif et bondissant. Le dragon est, lui, souple et adaptatif, eau, il est ondoyant, profond et changeant, beaucoup de "plongée" au contraire dans ce style.

Le dragon vert est détenteur de chi Yang. On l'appelle parfois "brume verte"
Son attribut corporel est le foie, sa caractéristique est le Hun, la capacité d'imagination.
Le dragon vert est relatif au corps énergétique et à la capacité de créer des images là ou le tigre blanc sera en mesure d'amener les sensations. Il est donc dans le mental, plus que l’émotion.

Un exemple d'invocation taoiste :
 
Mengzhang le dragon vert
me protège sur la gauche
de ses lois larges et puissantes
Jianbing le Tigre blanc
commande les soldats célestes
et me protège sur la droite !

La lumière magique de Lingguang
Le phénix rouge est devant moi !
Zhiming le Mystérieux Sombre Général
Conserve la lumière derrière moi !
[...]




Les 7 dragons:

La pratique d’acupuncture:
Il existe des méthodes «d’ exorcismes» par acupuncture comme la technique des 7 Dragons qui est donnée dans le Nei jing su wen (Le classique de l’Empereur jaune). Si le patient a la sensation d’être possédé de l’intérieur, on utilisera la technique des 7 Dragons internes, ou bien les 7 Dragons externes si il sent quelque chose rôder autour de lui.

les 7 dragons internes:
1. “Master Point One"
2. ST-25 (Heavenly Pivot)
3. ST-25 (Heavenly Pivot)
4. ST-32 (Prostrate Hare)
5. ST-32 (Prostrate Hare)
6. ST-41 (Released Stream; Fire)
7. ST-41 (Released Stream; Fire)
Dispersion: de gauche à droite
Tonification: De droite à gauche
Le retrait de l'aiguille est dans l'ordre inverse de l'insertion.

Les 7 dragons externes:
1. DU-20 (100 meetings)
2. BL-11 (Great Shuttle)
3. BL-11 (Great Shuttle)
4. BL-23 (KI Co.)
5. BL-23 (KI Co.)
6. BL-61 (Servant's Aide)
7. BL-61 (Servant's Aide)
Dispersion: de gauche à droite
Tonification: De droite à gauche
Le retrait de l'aiguille est dans l'ordre inverse de l'insertion.

http://www.nyior.com/acupuncturenewyork-www/om/acupunture/styles/5e/5.1.%20gui%20or%20demons.htm

Cette usage a pour utilité de mobiliser le Chen, rétablir la circulation, et faire cesser que le serpent se morde la queue (ourobos) dans les énergies, permettre un mouvement interne vers l’externe qui évacue les énergies et rompt la circulation anarchique et le déséquilibre de l’élément eau. Tout en sollicitant les énergies de protection de la personne.

L’Acupuncture Traditionnelle Chinoise serait donc, dans certains cas, une forme d’exorcisme destiné à chasser de l’organisme des hôtes indésirables. Celà nous renvoie aux origines chamaniques de ces pratiques.
(attention à ne pas confondre avec des pratiques d’exorcismes taoïsmes plus approfondies dans les traditions asiatiques).
http://www.acupuncture-energetique.com/acupuncture_medecine_l_ame-page-14.html

L’énergie du dragon sert ainsi à transcender, libérer, délivrer et protéger.

Kundalini & énergies internes:

Le serpent intérieur: une énergie qui remonte du chakra racine vers le coronal, de façon spécifique, cette kundalini est souvent représenté comme le dragon qui tournoie le long de la colonne vertébrale.
On peut noter que la représentation de la circulation de la kundalini, son objectif et son action représente sur un plan personnel l’action des énergies universelles caractérisées et représentées par l’axe de la destinée: l’homme se transcende éternellement par le dragon qui élève et fait circuler les énergies du terrestre au céleste dans l’homme.
Sa force n’est pas que brut et pouvoir, elle a pour objectif la sagesse et le dépassement.

Magie draconique:

Rappelons que la magie: c’est la manipulation des énergies. La draconie, son contact avec elle, passe autant par le caractère médiumnique que par l’usage des énergies qu’il représente.
L’approche la plus ancestrale de l’usage de la draconie dans la magie, c’est le chamanisme. Pour être plus précise le chamanisme totémique (voir ci dessus)
Ainsi que ce soit pour le dégagement (les 7 dragons), la transcendance (les énergies liées au karma, ou individuel), la sagesse par la connaissance et tant que dépositaire des secrets qu’ils représentent (les trésors), ce sont des entités qui sont complémentaires à une pratique, ils sont un élément spirituel dans des approches déjà complexes et préétablies.
Il n’y a pas de système de magie draconique en soit, spécifique à ces entités.

Toutes les créations de magie draconique (Marc André Ricard, runes draconiques) sont des inventions récentes, qui ne font qu’utiliser les codes de l’hermétisme, de la golden dawn, sous l’enrobage draconique.
Elles ne sont pas représentatives des chamanismes (bouddhiste, taoïste...) qui utilisent ces forces, même si elles peuvent être une approche de compréhension de la représentation des éléments auxquels sont identifiés les dragons.

Médiumnité et draconie:

On rencontre régulièrement des témoignages de perceptions, voir de pratiques magiques avec les dragons et la draconie.
Beaucoup ayant peu de connaissance de ce que représente le dragon, et tombant dans le fantasme extrapolent, ou confondent réel, perception et imaginaire.
Loin d’Eragon, loin d’Harry Potter, aussi jolis soient ces récits, ce sont des êtres qui sont en majorités considérés supérieurs à l’homme, par la force, par la sagesse, par ce qu’ils représentent.

La perception de dragon est naturelle, que ce soit le contact avec l’égrégore, ou l’entité, selon le point de vue spirituel. Ils sont la représentation, l’archétype de forces spécifiques, et tout comme le médium peut croiser d’autres forces représentées par des entités (ange, démon, et autres).

L’un des principales préjugés ça reste de vouloir “posséder” un dragon. Ce à quoi je vous souhaite une bonne brûlure du postérieur (droit ou gauche, au choix).
Quand on comprend ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent, vous comprenez que vous ne pouvez dompter le vent, ni posséder la foudre.

Qu’ils soient considérés comme force fondamentale, ou divinité, selon les spiritualités, ils doivent être approché avec respect, humilité, comme pour toute entité.
Ils peuvent vous apprendre, autant sur vous-même, que sur l’univers, par les valeurs qu’ils représentent. Mais ils sont loin de l’angélisme, et la simple compréhension de la mythologie qui les entourent vous permet d’en prendre conscience.

Entrer en contact avec eux? Travailler avec eux?
Tout est du domaine du possible dans la médiumnité, avec les énergies, les capacités adaptées.

C’est un chemin autant intérieur, qu’extérieur.
Car ils sont autant en nous, nous-même, qu’en dehors, la parfaite représentation du microsome et du macrosome.



En conclusion, on comprend que le dragon est multi-forme, mais que sa force est une: fondamentale, représentative des éléments au sens naturel, tant au sens ésotérique du terme. Il est le gardien de notre inconscient, et la clé de notre développement, tout autant qu'il est un vecteur de transcendance de nos énergies, de notre karma.
Il est la clé de la transformation par la sagesse et l’énergie.
La magie draconique, c'est ainsi utiliser des forces autant interne qu'externe, nous-même confrontés à notre sagesse, et celle de l'univers par ses arcanes.

 
Dossier par: Lya, Nurash, Elda, Hagel

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