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Equinox magie

Equinox magie

Chez Hagel (médiumnité - magie - spiritualité)


Ethique en magie & sorcellerie

Publié par Hagel sur 14 Février 2018, 17:29pm

Catégories : #Livres et savoirs, #spiritualité, #Autres

Ethique en magie & sorcellerie

 

 

A l’ère du “metoo” et “balancetonporc”, la question du respect de l’autre s’est de nouveau imposée dans l’espace public.
Une opportunité, pour moi, pour revenir sur un sujet qui me tient à coeur depuis plus de dix ans, et que j’ai toujours tenté d’exprimer (plus ou moins bien, j’évolue aussi avec les années), et qui souvent dépassent les personnes quand je leur explique que j’applique mes propres principes éthiques.
A croire que la magie ne peut être composée que de personnes qui se balancent des envoûtements à tour de bras, parce qu’ils ont que ça à faire de leur vie, et qu’ils ne savent pas réfléchir avant d’agir. Quoique...Oui, ça arrive, mais ça n’est pas une généralité.

 

Cet article risque de prendre des tournants un peu philosophique, mais l’objectif, pour moi, n’est en aucun cas de juger autrui, mais d’amener à réfléchir à votre propre façon d’envisager vos valeurs. Et pourquoi pas ouvrir des voies de réflexions.

 

L’éthique ?

L’éthique est une discipline qui étudie les jugements de valeur. Elle se base sur deux axes : les normes théologiques et culturelles. Les normes sont les règles implicites de notre société, que nous partageons tous pour un “bon vivre ensemble”. Exemple, la première des normes auquel nous obéissons : le langage (sinon, impossible de se comprendre).

 

Mais l’éthique a forcément ses limites :
La loi de Hume.


Pour Hume, (un philosophe), l’éthique ne peut se faire sans normes, sans structures culturelles et religieuses. L’éthique ne peut être un pré-fondement, ça ne peut être créé qu’à partir des coutumes, moeurs et valeurs existantes.
Aujourd’hui, nos sociétés reléguant la religion à la sphère privée, l’éthique ne peut avoir un fondement commun à une société. Traduction : les règles d’éthiques ne peuvent pas plaire à tout le monde, ni correspondre à tout le monde.
C’est pour cela que l’éthique est devenu socratique : une discipline de réflexion argumentée et non-dogmatique, pour permettre d’aboutir à des limites normatives dans des cas généralistes ou particuliers.

 

L’éthique et l’ésotérisme ?

Je vais clairement distinguer “ésotérisme” et “religion” ainsi que “spiritualité”.
En adhérant à une religion, celle-ci inclut un système de valeurs morales et de dogmes divers et variés qui posent un cadre éthique. Avec lesquels il est évidemment possible de ne pas être en accord.

Néanmoins, les personnes pratiquants l’ésotérisme apprennent rapidement que la question du cadre mystique n’est pas nécessaire, voir n’a pas lieu d’être pour être en activité. Et il est ainsi très aisé de se dire “je crois en la nécessité de ne pas faire de mal aux animaux” et d’aller sacrifier un poulet pour une raison rituellique. Ou “je crois en la nécessité de respecter le corps de l’autre”, tout en ayant aucun scrupule pour envoûter quelqu’un qui vous a énervé au petit déj.

Le problème que pose l’ésotérisme, en particulier quand on commence à avoir suffisamment de capacités, de pratiques sur la mise en oeuvre des énergies, de pratiques magiques, c’est que cette réactivité est souvent couplée à une base émotionnelle forte.
Gravement en colère, vous réagissez en envoûtant, parce que c’est votre premier réflexe de défense. Alors que dans la vie quotidienne, gravement en colère vous n’irez pas taper votre voisin parce qu’il a mis la musique à fond toute la nuit. Quelle est la différence ? Vous n’avez jamais intégré des valeurs morales suffisamment fortes, au travers d’une sociabilité, ou d’une pratique en groupe, pour qu’au moment de la mise en action de vos énergies, vous vous rappeliez “ça va à l’encontre de mes valeurs”.

Attention, je prend en compte ici la sociabilisation : nous apprenons très tôt à nos enfants que la violence n’est pas une solution. Et elle n’est pas tolérée dans l’espace public, au travers des règles et des lois qui régissent notre échange quotidien. Mais dans la pratique ésotérique, où nous sommes souvent seuls, adultes, il n’y a souvent eu personne pour vous dire “non, là, c’est mal”. “Non, tu ne peux agir sans consentement d’autrui”. “Là, c’est une forme de violence”.
Il peut être très difficile de comprendre où nous faisons erreur, en particulier quand nous ne ferons pas face à la victime, ou que la victime ne sera pas consciente du mal que vous aurez pu causer. Sans compter qu’il n’y a pas de justice (au sens physique, de système judiciaire, de lois à respecter entre humains) pour rendre compte de vos actes.
A ceux qui vont me rétorquer “karma” “justice divine” “justice universelle”, je vais répondre très pratiquement que certains n’en ont rien à faire d’une justice intangible et auquel ils ne croient pas, parce qu’ils ne s’y sont pas frottés. Ou s’y frotteront dans une vie future (autant dire que ça ne risque pas de les arrêter actuellement).

 

“On m’a autorisé”

Combien de fois ais-je pu entendre “mon guide m’a autorisé”, “telle entité m’a dit que je pouvais attaquer” “c’est mérité, il me l’a dit”.
Vous ne pouvez pas être juge et partie. Et encore moins déléguer votre intelligence, votre pensée à des entités dont dans tous les cas vous ne pourrez jamais avoir 100% de fiabilité. Quelles sont les intentions réelles de l’entité ? Quelles sont ses intérêts réelles par delà sa bienveillance ? C’est une question auquel il ne peut pas y avoir de réponses évidentes, ou pré-conçues. Le médium n’est que témoin, au travers de sa perception, il ne possède aucune vérité absolue.

Et aucune personne ne peut vous dire “faites le”. Il ne portera pas la responsabilité de vos actes, et aucun humain ne peut être juge d’une justice énergétique, là où nous sommes toujours dans le témoignage, la querelle de clocher, ou encore les désaccords entre paradigme, l’absence de lois, l’absence de règles, l’absence de conventions universelles.

 

Comment définir notre système de valeur et notre éthique personnelle ?

Il faut déjà réfléchir à votre propre façon de concevoir la vie, et à la façon dont vous souhaitez respecter ou non autrui.

Prenez une feuille, et écrivez ce qui vous paraît essentiel. Votre position par rapport à l’humain, par rapport à l’environnement, par rapport aux animaux. Et ensuite, rapportez ces valeurs à vos pratiques habituelles, correspondent-elles ?

Deux pistes essentielles :

  • Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse.

  • Ne faites pas à autrui quelque chose qu’il n’a pas accepté (verbalement, en disant “oui” de façon claire et intelligible).

 

Libre à vous d’ajouter des éléments, mais réfléchir déjà à ce que l’autre peut accepter ou non, à sa place, c’est le priver de tout libre arbitre. Intervenir sur quelqu’un, au nom d’une “pensée bénéfique” n’est pas cautionnable.
Un homme ne va pas violer une femme sous le prétexte que ça peut lui être bénéfique de son point de vue, parce qu’elle le veut, parce qu’elle se promène en mini-jupe.
Remplacez les conditions : une personne malade (femme) ne vous autorise pas à intervenir sur elle, parce qu’elle est malade (en mini-jupe). C’est exactement pareil.

 

La prochaine fois que vous souhaitez effectuer un rituel, une prière, une action énergétique, que vous voudrez intervenir avec votre foi ou vos énergies, vos dieux et déesses, demandez-vous avant tout “est-ce que je le fais en accord avec les valeurs que je me suis défini ?”


 

Bien à vous, Hagel

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