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Equinox magie

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Chez Hagel (médiumnité - magie - spiritualité)


[Interview] Oracle de la Triade - Dominike Duplaa

Publié par Hagel sur 12 Septembre 2014, 07:36am

Catégories : #Interview

© Todd Michael Miller | Design by TheShadowCompany

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Interview Dominike Duplaa (Oracle de la Triade)

 



Dominike Duplaa est le créateur de l’un des oracles les plus connus et les plus utilisés depuis plus de vingt ans : l’Oracle de la Triade.
Ce qui a fait la valeur de son oracle, c’est sa pertinence, ses références symboliques multiples, un style clair et sa capacité à être utilisé par des débutants comme des connaisseurs.
D’une extrême discrétion, Dominike Duplaa s’est jusqu’à présent peu manifesté dans les médias. Mais un certain nombre d’abus et les dérives commerciales, dont son œuvre est victime, l’amènent à sortir de sa réserve.



Publications et site:

Site officiel : http://www.oracledelatriade.com/ (français) & http://www.oracleofthetriad.com/ (anglais)
Les personnes intéressées peuvent éventuellement, pour l’instant, cliquez sur “Official Website” pour obtenir un formulaire qui leur permettra d’être tenu au courant de l’ouverture du site. Aucune info personnelle soumise n’est stockée ni redistribuée d’aucune manière.

Site éditeur : http://www.gange-editions.com/


En attendant:
- Le jeu: Oracle de la Triade (le jeu de 57 cartes)

- Le livre: L’oracle de la Triade (par Dominike Duplaa)



Partie personnelle:

Comment êtes vous venu à la spiritualité, l’ésotérisme?

Lorsque j’avais à peine huit ans, j’ai vécu une expérience contemplative extrêmement étrange, transcendante et quasi mystique, qui a sur l’instant oblitéré ma perception du monde et surtout, de moi-même.
Cette expérience fut une sorte de boîte de Pandore qui m’a fait me poser mille questions dont j’étais bien déterminé à trouver les réponses.
J’aimais déjà beaucoup lire et quelques temps après cette singularité, j’ai reçu une encyclopédie en 21 volumes. J’étais émerveillé d’y découvrir la préhistoire, l’évolution des espèces, l’histoire de l’Égypte ancienne et de l’antiquité. C’est à ce moment-là que j’ai également découvert toute une pile de magazines appartenant à mon grand-père qui traitaient de sujets paranormaux. On y parlait d’un tas de légendes et de sujets sulfureux, on y évoquait la sorcellerie, le « mauvais œil » et bien d’autres anecdotes incroyables, de diseuses de bonne aventure et autres chats noirs.

Peu de temps après, j’ai trouvé dans un vieux carton, un livre de Tuesday Lobsang Rampa, Cave Of The Ancients. Rétrospectivement, c’est amusant parce que Rampa (de son vrai nom Cyril Henry Hoskin) a probablement été l’un des premiers ‘con artists’ dont le mouvement New Age a plus tard largement ouvert les écluses.
Cela dit, son livre (j’en ai par la suite lu d’autres) a totalement transporté mon jeune esprit, et j’y ai trouvé certaines corrélations —par extrapolation—, avec l’expérience intérieure que j’avais faite cet été là. Alors que je ne comprenais pas tout, cela a néanmoins déclenché en moi une envie encore plus grande de comprendre. Comprendre non seulement cet instant qui m’avait cloué sur une terrasse chaude et désormais lointaine, mais aussi comprendre ‘comment’ et, pour la première fois, ‘pourquoi’ (‘pourquoi’ est toujours la mauvaise question).

Quelques années plus tard —j’avais alors 14 ans et j’étais en pensionnat— un étudiant de terminale, lors d’un incident, me donna un livre de Hermann Hesse qu’il déposât sur la table de chevet, à l’infirmerie, alors que je dormais à moitié. Une semaine plus tard, il mourrait dans un accident de voiture. Il avait dix-huit ans. Cet événement m’a beaucoup affecté et le livre fut une pure révélation. Je me posai bien des questions depuis longtemps, mais ce livre —et la disparition de ce garçon— ont eu pour effet de m’ouvrir encore davantage à tout un monde de symbolisme, de magie, de mystères que j’étais bien décidé à élucider coûte que coûte. J’ai donc plongé.

Il y a cette magnifique phrase de Mevlana Jalal ad’Din Rumi —que j’ai découvert bien plus tard—, qui pourrait résumer assez bien où j’en étais alors. Je ne connais aucune traduction française de ce texte (même si elles existent probablement), je le laisse donc dans sa version anglaise, celle que je connais :

« How could you reach the pearl by only looking at the sea ?
If you seek the pearl, be a diver ;
the diver needs several qualities :
he must trust his rope and his life to the friend’s hand,
he must stop breathing,
and he must ju
mp ».

 

 

Traduction (par Hagel):
Comment pouvez-vous accéder à la perle en regardant seulement la mer?
Si vous cherchez la perle, soyez un plongeur ;
Le plongeur a besoin de plusieurs qualités :
Il doit avoir confiance en sa corde et en sa vie dans la main de l’ami,
Il doit arrêter de respirer,
et il doit sauter.

 

Comment vous définiriez-vous en terme de spiritualité et de pratique ésotérique?


J’ai un problème avec le mot ‘spiritualité’ parce qu’il est devenu un mot fourre-tout et je ne sais jamais vraiment comment les gens l’interprètent. La plupart du temps, une notion surnaturelle —quand elle n’est pas surnaturelle et dogmatique— y est implicitement associée et cela me dérange profondément.

Au risque de provoquer un tas de points d’interrogation et d’exclamation au-dessus de plusieurs têtes, ‘hérétique’ est probablement le terme qui me résume le mieux.

Peu de gens y prêtent attention, mais en réalité, ‘hérétique’ (αἱρετικός) signifie « capable de choisir ». Cela m’amuse beaucoup que ce mot ait été pris otage par les religions pour lui faire dire, en fait, ce qu’il ne signifie pas. Il me convient personnellement très bien.

Je suis un dissident.


Pourquoi le choix de l’extrême discrétion dans un monde de communication?

Ça n’a pas forcément été un choix au départ, même s’il me faut reconnaître que les circonstances ont été, en fait, idéales pour moi. Je suis de nature discrète et je n’ai jamais été vraiment attiré par les feux des projecteurs. Le monde de communication tel qu’on le connaît aujourd’hui était très différent il y a vingt ans. J’en ai profité, en quelque sorte, pour me tenir à l’écart. J’imagine que ce serait plus difficile si je publiais l’Oracle de la Triade aujourd’hui.

Ceci dit, pour mettre les choses dans leur contexte, j’étais très jeune lorsque j’ai commencé à travailler sur ce jeu. En totalité, cela a pris plus de trois ans. Alors que j’étais en pleine élaboration et que je savais parfaitement ce que j’étais en train de faire et la finalité que je visais, j’ai envoyé quelques courriers présentant mon projet à trois éditeurs dans lesquels j’avais innocemment (de manière insolente ?) inséré une notice biographique. Les réponses que j’ai reçues étaient toutes négatives et aucun d’eux n’était intéressé par le travail d’un gamin. Chacune des lettres stipulait bien qu’ils ne considéreraient qu’un travail ‘professionnel’. Même si cela m’a beaucoup agacé, cela m’a motivé davantage et j’ai pris le parti de continuer. Au final, j’ai envoyé exactement deux courriers à deux éditeurs, sans jamais mentionner mon âge ni aucune information biographique. Je proposais juste un projet, point. En moins d’un mois, je signais mon premier contrat.

Un autre élément très important est que dès sa publication, l’Oracle de la Triade a rencontré un succès immédiat. En ce qui me concerne, c’était couru d’avance — encore une fois je savais parfaitement ce que je faisais. Mais du coup, précisément grâce à ce succès, mon éditeur n’a pas eu besoin de faire quelconque promotion. Dès lors, je n’ai reçu aucune demande en ce sens, que ce soit pour des interviews ou autre promotion devenues pourtant mandataires pour ce type d’investissement.

En même temps, j’avais plusieurs amis musiciens qui commençaient une carrière et je voyais bien comment leur travail était récupéré par les médias, les présentant eux et leur art comme quelque chose qu’ils n’étaient pas et je ne voulais pas tomber dans cet écueil.

Je suppose aussi, en fait, que je craignais un peu qu’on ne me prenne pas vraiment au sérieux, d’autant que j’avais fait à plusieurs reprises l’expérience d’une certaine dichotomie due à mon âge. J’avais fait plusieurs expositions de peintures et de dessins et lors d’un vernissage en particulier, la galeriste est venu me voir, visiblement ravie, pour m’informer qu’un personnage connu, venait d’acheter une série entière de dessins et qu’il voulait absolument rencontrer ‘l’artiste’. Le problème, quand je me suis présenté à lui, c’est qu’il me demanda si je voulais bien lui faire rencontrer mon père… S’en suivit une conversation assez cocasse. C’est le genre d’anecdote qui s’est reproduite plusieurs fois et j’en étais assez vexé.

Concernant l’Oracle de la Triade, je ne me revendiquais d’aucune tradition, d’aucune école particulière de pensée ésotérique. Comme je l’ai dit, j’étais déjà un dissident. Je n’avais pas très envie qu’on me considère encore une fois comme une sorte petit prodige et que du coup, mon travail passe en second plan.

D’un autre côté, même si le jeu a eu de suite un impact assez conséquent, la presse ésotérique de l’époque était en perte de vitesse au profit de sujets plus contemporains tels les OVNI’s et l’apparition de tout un marketing phénomène-de-foire auquel il ne m’intéressait pas du tout de participer.
J’imagine que j’aurais pu prendre un agent et me frayer un chemin vers les plateaux de télévision, les radios et les magazines. Plusieurs personnes me serinaient d’ailleurs, mais cela ne m’attirait pas, ça n’a jamais été mon but. Je voulais que le public s’intéresse à mon travail pour ce qu’il est, que celui-ci leur donne l’envie de chercher et de comprendre, plus que de s’intéresser à moi-même ou une image de moi-même qui, en l’occurrence, n’aurait pas forcément correspondu à la réalité.


Certaines personnes en particulier ont-elles marqué votre cheminement?

Concernant spécifiquement l’occultisme et l’ésotérisme, j’ai eu un cheminement plutôt atypique. Après avoir beaucoup lu et rencontré parfois quelques personnages pour le moins originaux —pas forcément toujours liés à l’ésotérisme—, je dois bien avouer qu’il y a assez peu de gens, finalement, qui m’ont véritablement marqué. J’imagine que je ne suis pas facilement impressionnable…

Certains écrits d’Hermann Hesse —comme je l’ai évoqué— ou de William S. Burroughs, que j’ai découvert lorsque j’avais 15 ou 16 ans, ont été très importants, m’amenant plus tard vers des gens ‘sulfureux’ comme Aleister Crowley. Je me rends compte que bien peu de gens ont compris son œuvre et encore moins l’étincelle de celle-ci. C’est parfaitement dommage.

Geff Rushton aussi —plus connu sous le nom de Jhonn Balance, du groupe Coil—, avec qui, outre bien des conversations, j’ai eu un échange particulièrement intéressant alors que j’étais en pleine rédaction du manuscrit sur l’Oracle de la Triade, notamment au sujet de la carte de L’Isolement. Geff était un type fascinant et visionnaire à bien des endroits. Surtout, c’était un garçon que je considère comme étant le Rimbaud de la musique contemporaine. Rien de moins.

Colin Wilson, dont j’ai beaucoup appris en terme de symbologie au fil d’une correspondance qui a duré plusieurs années. Wilson avait une culture monumentale en terme d’occultisme et c’était un homme absolument charmant. Alors qu’il détestait parler au téléphone, nous avons passé des heures à discuter. Je crois qu’il aimait bien ma curiosité et qu’il s’amusait beaucoup de mes désaccords disons… très colorés.

Il y a aussi le travail fantastique et totalement mandataire du mythologiste Joseph Campbell. Toute personne qui s’intéresse de près ou de loin à l’ésotérisme devrait avoir dans sa bibliothèque l’intégralité de l’œuvre de Campbell. J’aurais adoré le rencontrer.

Jed McKenna, que j’ai découvert il y a quelques années. Celui-ci est un énergumène particulier et probablement mon contemporain favori. Il me plaît autant qu’il m’agace, ce Jed. Il serait à ça près d’avoir définitivement et absolument oblitéré la question spirituelle si sa logique ne lui mangeait pas, souvent, le sable sous ses pieds. Cela dit, son œuvre, bien qu’inconnue ici en Europe, devrait être lue par toute personne qui s’intéresse à la spiritualité. Elle est assez… particulière.

Enfin, je ne peux manquer de mentionner ici Sam Harris. Nous divergeons sensiblement sur quelques points philosophiques d’une certaine partie de son œuvre, mais plus spécifiquement, son approche de la question de la spiritualité est pour moi, ultime. Il ne me semble pas, hélas, que ses livres et articles soient traduits en français. Cela dit, je conseille vivement son dernier livre « Waking Up – A Guide To Spirituality Without Religion ».
Si d’aventure aucun d’entre vous qui lisez ceci parlez Anglais, écoutez donc (ou lisez) le premier chapitre de ce livre : http://www.samharris.org/blog/item/chapter-one


Pratiquez-vous la voyance? Pour vous même, vos proches, de façon plus large?

Non, plus depuis des années. Ce fut le cas de manière très assidue alors qu’en parallèle j’étudiais l’astrologie, la numérologie, etc.
Mais même après la publication du jeu — alors que cela aurait été le moment idéal—, je n’ai jamais eu l’intention d’ouvrir un cabinet de consultation, par exemple. Autant l’échange avec autrui est toujours intéressant, autant j’ai très vite compris que ce que le public attend surtout de la voyance c’est qu’elle leur vende du rêve. La plupart des gens, hélas, ne sont pas intéressés par une quête intérieure. Ils veulent une réponse immédiate à leurs problèmes ou leurs questions, que ce soit en voyance ou dans le domaine de la ‘spiritualité’ ou de l’’ésotérisme’ en général.
Par ailleurs, j’étais déjà à ce moment-là, bien occupé par la rédaction de mon livre et je travaillais en même temps sur d’autres choses. Mais j’étais plus un ‘chercheur’, qu’un ‘oracle’, je suppose (sans vouloir faire de mauvais jeu de mot).
Au bout d’un moment, j’avais fait le tour de cette question. Il me fallait aller plus loin et plus globalement, chercher encore à comprendre, à étudier, à expérimenter et me dépasser davantage, aussi. J’ai donc tout naturellement évolué vers diverses sphères, toujours plus fascinantes et enrichissantes qui m’ont amené vers d’autres horizons.
Le langage des symboles m’a en quelque sorte transcendé et m’a expédié toujours plus en avant. À ce niveau, je revendique le fait d’avoir été (et d’être toujours) une sorte de Maldoror. C’est de l’alchimie pure.


L’éthique et la voyance?

C’est une question délicate parce qu’elle en appelle à deux notions logiquement irréconciliables. L’éthique est basée sur des principes moraux qui concernent le bien du groupe en faisant appel à la raison. La voyance quant à elle, prend racine dans le domaine de la croyance, et croire, c’est la suspension de tout jugement et de toute logique. C’est le fondement de la foi, mandataire et si cher à toute religion ainsi qu’à nombre de disciplines ésotériques ou spirituelles.

Est-ce que la voyance peut faire preuve d’une certaine d’éthique ? Dans une certaine mesure peut-être, dépendant fondamentalement de celle/de celui qui la pratique ; mais l’on sait bien toutes les dérives qui sont intimement liées à tout ce qui touche à ces domaines, de la voyance jusqu’à l’inédie.
Et puis, il y a toute cette question —qui pour moi n’en est pas une— qui est celle du fameux « libre arbitre » qui intervient comme le joker dans un jeu dont les règles n’ont préalablement aucun sens.

Les croyances sont nées d’un besoin pour l’Homme d’appréhender son environnement et de lui donner un sens. On sait aujourd’hui que la foudre n’est pas la manifestation de la colère de telle ou telle divinité. Il n’en reste pas moins que cette graine de la croyance est toujours profondément ancrée en chacun de nous dès lors que pour la plupart, nous provenons généralement de berceaux religieux. De ce fait, nous sommes formatés à détester le hasard et l’on cherche donc des réponses à un grand ‘pourquoi’, ignorant souvent de manière volontaire le ‘comment’ auquel nous pouvons en revanche, de plus en plus, apporter des réponses.
Malgré un bond fantastique dans la compréhension de notre monde et de nous-mêmes, surtout depuis ces 150 dernières années grâce à la recherche scientifique —et sans aucun doute à cause de celle-ci—, l’esprit de l’Homme (cette mauvaise ‘spiritualité’) s’en trouve désillusionné. Dans un tel cas, croire est rassurant. C’est toujours la meilleure réponse au ‘pourquoi’ qui hante l’esprit qui devrait s’abreuver de l’absolu plutôt que de son nombril.

Je ne pense pas que l’on puisse véritablement réconcilier ces deux principes d’éthique et de voyance car ils informent deux propositions opposées. Indépendamment, certains dogmes religieux sont considérés obligatoirement moraux (donc éthiques) sous prétexte qu’il émanent d’un message supposément ‘divin’. Mais là, on est en pleine pente savonneuse et la logique, comme on le sait, n’épargne rien.


Comment faites-vous face aux rumeurs qui bruissent à votre propos et sur l’oracle?

C’est en général plutôt amusant. Parfois même, hilarant, je dois dire.

J’ai appris par exemple, tout-à-fait par hasard il y a deux ans, que j’aurais créé l’Oracle de la Triade vers le XVe siècle, au Moyen-Orient. L’individu qui a inventé cette histoire saugrenue a dû systématiquement sécher ses cours d’Histoire (entre autre) et ne devait pas être présent le jour de la distribution de perspicacité… Plus récemment, j’ai lu quelque part que je serais né en 1875 et mort en 1947…
Apparemment, je ne cesse de vivre et de mourir et de créer la même chose à différentes époques de l’Histoire. Je vous assure pourtant que vous n’êtes pas à cet instant en discussion avec le Comte de St Germain, ni en train de faire l’expérience de quelconque communication avec un défunt. Je suis bien vivant et à ma connaissance, je ne suis a priori constitué d’aucune cellule vampirique, encore que le romantisme de cette notion me plaît beaucoup.

Il paraît aussi que j’ai été un très célèbre cartomancien ou un franc-maçon du plus haut degré. Il y a quelques posts tordants qui traînent encore en ligne dans lesquels on suggère que j’appartiendrais à l’ordre des Illuminati. Cette ubiquité m’amuse plus qu’autre chose.

Cependant, autant c’est drôle, autant c’est un peu ennuyeux parfois, parce que cela désinforme le public. Si encore ce genre de rumeur était satirique ou même sarcastique, ce serait juste amusant. Le problème c’est que ces anecdotes sont présentées comme des faits et beaucoup les prennent donc pour une réalité. C’est un peu dommage mais franchement cela ne me préoccupe pas beaucoup. J’orbite dans un système relativiste qui me fait sourire.



Partie activité & pro:

Qu’est ce qui vous a mené à la création d’un oracle? Comment avez-vous créé/développé l’oracle de la Triade?

C’est la conjonction de deux données : la première, un intérêt insatiable et anthropologique, un intérêt sans borne pour tous les mythes et traditions qui ont forgé notre espèce qui sont, en plus d’être très intéressants, extrêmement éducatifs et parlants d’où nous en sommes aujourd’hui ; la seconde, mes élucubrations artistiques comme moyen d’expression.

Au tout début, alors que j’avais à peine dix-huit ans et que j’étudiais le symbolisme et l’histoire des religions, j’avais simplement envie de m’essayer à produire une interprétation graphique du Tarot de Marseille. Très vite cela dit, j’ai totalement abandonné cette idée parce qu’elle s’est révélée n’avoir aucun sens. Il existait déjà plusieurs versions du tarot classique, vu par divers artistes et/ou occultistes, et chacune restait dans le cadre rigide d’un certain nombre de cartes, de significations préétablies (ou à peu près) et ce n’aurait été alors qu’une énième vision d’un schéma du reste vieillot, sans aucun rapport avec le monde dont je faisais l’expérience en tant qu’adolescent du XXe siècle.

C’est pourquoi j’ai décidé de créer plutôt, un support complètement différent obéissant à des règles spécifiques et élaboré selon un système bien plus cohérent, profitant de l’Histoire et des découvertes et des concepts qui s’ensuivirent. Sans prétention aucune, cet oracle est jusqu’ici probablement le seul qui soit aussi abouti en terme symbologique. C’est un fait. Il n’en existe aucun autre —du moins à ma connaissance— qui rassemble en un seul support, un travail rassemblant autant de corrélations, de mythes, de croyances et de philosophies occultes ou ésotériques. Pour chaque carte, chaque couleur, chaque symbole, chaque nombre, chaque référence astrologique, chaque espace et leurs interactions respectives ont été précisément calculés de manière à rendre, à chaque fois, en un seul tableau, la somme de divers courants de pensée provenant de diverses cultures et de systèmes de croyance.

J’avais dessiné plusieurs ébauches sans vraiment alors avoir l’idée de véritablement créer un jeu. C’est en réalisant la peinture de ce qui plus tard est devenu la carte nº47 (Éternité) que le déclic s’est produit. J’étais simultanément plongé dans la lecture des Fleurs du Mal de Baudelaire, et ces lignes sublimes m’ont assailli :

« La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards famili
ers ».

Dans les heures qui suivirent, j’ai frénétiquement noirci plusieurs pages d’un concept qui deviendrait l’Oracle de la Triade. Je savais déjà beaucoup de choses et avais soif d’apprendre encore davantage, mais après avoir jeté sur le papier ces quelques idées et ce concept général, je n’imaginai pas du tout la somme de travail et le temps que cela allait impliquer, ni comment tout cela allait finalement embraser ma vie.

Trois ans d’études du symbolisme, de l’histoire des religions, de la numérologie, de l’astrologie, de l’histoire des mythes et un nombre important de sujets latéraux. Neuf mois exactement de réalisation graphique. Ce fut un travail absolument énorme, minutieux et carrément obsédant. J’y ai passé des jours et des nuits extatiques.


Quelles ont été vos références pour sa création?

D’un point de vue purement pictural, absolument aucune.
Pour le reste, la liste serait bien longue de toutes les références dont j’ai pu me servir. Elles sont multiples, allant de certains grimoires ou traités de magie (Piobb ou Agrippa), en passant par le travail de Campbell sur les mythologies, l’antiquité, l’Égypte ancienne, un ancien traité de la symbolique des nombres etc… Anecdote : j’avais pris l’initiative, considérant mon cerveau d’adolescent, d’envoyer un courrier de trois pages à l’archevêque de ma région, lui demandant —rien de moins—, accès aux archives du Vatican concernant les Clavicules de Salomon que je ne pouvais me procurer. J’ai reçu une réponse tellement stupide que j’ai derechef écrit pour demander instamment un certificat de dé-baptême (oui, ça existe).. ! À ce jour, mon nom est radié des livres chrétiens, barré à l’encre noire avec en rouge dans la marge, la mention : « Hérétique ». Parfait.

En dehors des références ésotériques classiques, je me suis intéressé aux archétypes et à la psychologie jungienne, par exemple (mais pas seulement), qui ont également contribué à faire de ces lames ce qu’elles sont dans la manière où j’ai assemblé toutes ces notions. J’imagine que c’est la raison pour laquelle un certain nombre de gens perçoivent ce jeu comme très psychologique ou très ‘spirituel’. Chaque carte représente tout un tas de notions et de références en miroir. Nous ne sommes rien d’autre que des miroirs.

Mon éditrice a été un peu abasourdie lorsqu’elle a reçu le manuscrit de mon livre. Elle ne s’attendait pas à recevoir un pavé aussi énorme de plus de 600 feuillets. J’en profite d’ailleurs pour saluer son travail et sa patience. Il y avait là de quoi faire largement deux livres et je me suis rangé à son opinion que le public attendait plutôt un ‘manuel’ pour le jeu au lieu d’un énorme livre, comme une encyclopédie symbolique qu’ils ne liraient probablement jamais, à moins d’être comme moi extrêmement intéressés par la symbologie et tous ses aspects. Il a fallu tailler dans le vif, j’ai fait confiance à son couteau aimant.


Pourquoi le nom de “Triade” pour cet oracle?

Le principe ternaire revenait souvent au fil de mes recherches —les diverses notions de trinités divines, Hermès Trismégiste, etc—, mais aussi, l’architecture même du jeu qui dévoile un message sous-jacent établi selon ce principe. Je ne suis pas forcément certain que les gens le voient, mais peu importe. Je sais qu’il est là. Ce jeu est plein de trappes et de recoins, une espèce d’échiquier en trois dimensions…

Outre tous ses aspects symboliques, le chiffre 3 est aussi vraiment très intéressant. Cette troisième unité rend la dualité du 2 féconde. La dualité crée une autre unité —le 3 donc—, et ce petit 3 arrive comme un trouble fête qui confronte ses deux comparses à un autre point de vue et les choses s’agitent. Il n’y a rien de pire que la stagnation, que l’inertie.
Et puis, notre réalité est en trois dimensions, lancée sur le fil du temps qui peut être représenté par le 0, l’instant T, la singularité initiale.
Il y a plusieurs aspects purement mathématiques et très intéressants liés à ce chiffre. Autant le 1 est né de rien, autant le 3 a une connotation matérielle et incarnée qui me plaît bien, même si cela peut paraître surprenant compte tenu de tout ce que nous serinent les religions monothéistes.


Après un tel succès de l’oracle, vous “appartient-il” encore?

C’est toute la question de n’importe quelle œuvre d’art, que ce soit un jeu de cartes, une peinture, une chanson, un livre ou autre.

Une impulsion artistique, au-delà de tout, est présente à l’instant de la création, avec ce qu’elle contient de la personnalité et de l’intention de son auteur, de ce qu’il veut dire, du message qu’il veut faire passer. Dès lors qu’il est délivré, ce dernier appartient aux masses en ce sens que toute œuvre artistique, de quelque discipline qu’elle provienne est simplement un miroir dans lequel le public va se reconnaître… ou pas. L’art est à la fois une invitation et un reflet.
On s’approprie tous des chansons, des histoires ou des images simplement parce que l’on s’y calque soi-même à un moment précis sur le fil du temps. Revoir ou revisiter telle ou telle image, ou entendre telle ou telle chanson, relire tel ou tel livre nous ramène toujours à cet impact initial. C’est un bagage émotionnel qui se fixe et perdure.

Malheureusement, là où les choses dérapent, c’est dans la passion et le parasitisme.

Au fil du temps, l’Oracle de la Triade est devenu un sujet favori parmi de nombreux forums et blogs. C’est appréciable, cela démontre l’intérêt du public pour ce jeu, et c’est très bien. Beaucoup de personnes y discutent leurs tirages, etc. Rien de plus à ce niveau que ce qui existe autrement pour d’autres jeux de cartes, des séries télé, des artistes musicaux et tout ce qu’on peut imaginer.
Malheureusement, on y trouve aussi mon jeu (et d’autres) reproduit dans son intégralité, ainsi que les textes du livre et/ou du livret. Le problème est que ce pillage est illégal, au même titre que mettre à disposition du plus grand nombre les morceaux d’un CD ou un film le sont aussi.

La plupart du temps, aucune mention n’est faite évidemment de mon nom ni de celui de mon éditeur, mais encore pire, on prête à mon travail des significations absurdes et inintelligibles, allant même jusqu’à ce que les auteurs de ce genre d’articles n’hésitent pas à coller un copyright à leur nom sur mon travail, comme s’il était en fait le leur.
Je ne peux pas accepter ce genre de dérive. Non seulement parce que c’est mensonger, mais aussi parce que cela me prête des intentions et des dires qui ne sont certainement pas les miens. Au-delà, c’est une dénaturation totale de ce que j’ai créé.

Ce qui me stupéfie, c’est l’abyssale hypocrisie qui semble régner dans une certaine partie de ce petit monde soi-disant très vertueux et ‘spirituel’ de forums et autres blogs.
La démarche suit un modèle récurrent qui est le suivant : quelqu’un est adepte de l’Oracle de la Triade et parce que ce jeu est important pour eux, il/elle veut le faire partager au plus grand nombre. L’intention est louable. En revanche, parce que la spiritualité, la ‘connaissance’ et ‘l’enseignement’ sont apparemment des « dons de soi » qui ne devraient pas être monnayés mais être partagés, quoi de mieux que de scanner les cartes et reproduire la quasi intégralité du livre afin que d’autres puissent en profiter gratuitement ?

Il m’importe peu par exemple que quiconque décide que la carte nº36 Voyage indique obligatoirement un voyage en Égypte. Cela ne me dérange pas non plus si mon voisin m’assure ainsi qu’à tout le monde que le ciel est rose, alors qu’en réalité il est bleu. Là où cela devient problématique, c’est lorsqu’on me fait dire que cette carte nº 36 signifie absolument un voyage en Égypte. Je n’ai jamais écrit cela nulle part. Tout pareillement, si mon voisin publiait une thèse selon laquelle le ciel est rose, j’attendrai qu’elle soit pour le moins démontée car elle n’est pas conforme à la réalité.

Lorsque nous approchons les administrateurs ou propriétaires de ces sites et pointons le fait que ce genre de diffusion est illégal, nous nous confrontons dans 99% des cas soit à un silence radio éloquent —on verrouille vite le sujet « Oracle de la Triade » qui ne devient accessible que si l’on est enregistré—, soit à des insultes vertement envoyées. L’argument de choc est alors « mais on vous fait de la publicité, c’est grâce à nous que vous vendez votre jeu de m***e, c’est vous qui devriez nous payer pour vous faire de la pub ! Si vous êtes pas content allez vous faire f****e. » [ad verbatim]. Adorable !

En réalité, si c’était le cas et que ces entrées faisaient effectivement office de publicité, mon éditeur le premier aurait noté des incidences sur le chiffre des ventes. Or, depuis sa sortie, l’Oracle de la Triade s’est installé en moins de deux ans sur le marché et les ventes ont toujours été stables, à une centaine d’exemplaires près (ce qui est parfaitement négligeable).

L’ennuyeux, c’est pour les gens qui découvrent ce jeu. Ils font des recherches sur Internet, tombent sur des informations erronées et absurdes et se plaignent ensuite qu’ils ne comprennent rien. Du coup, oui, je peux ne pas paraître très gentil et je réagis. Alors qu’il leur est donné l’opportunité de simplement supprimer ces sujets plagiaires de leurs forums, beaucoup d’administrateurs préfèrent ne pas répondre et ignorer notre demande, se croyant inatteignables derrière des pseudonymes, sans mention publique de leurs coordonnées personnelles — il n’en est rien.
Légalement, ils sont aussi en tort en regard des conditions générales d’utilisation des plateformes de ces forums et blogs qu’ils utilisent. De fait, ces dernières, voulant éviter tout problème et respectant la loi, suppriment alors complètement ces sites. C’est parfaitement dommage et je le déplore, mais ce n’est pas mon problème. Au bout d’un moment, il s’agit simplement d’éthique et de responsabilité, deux notions qui pourtant devraient être basiques.

Je pourrais raconter nombre d’anecdotes mais je m’abstiendrai. Pour l’instant. Je ferai bonne place à certains de ces charmants acteurs sur le site officiel de la Triade, de façon à informer le public du genre de personnages à qui ils ont à faire…
Ce que ces gens oublient —outre leur imbuvable hypocrisie (que j’évoquais) à se présenter comme des êtres aimants, sensibles et autrement profondément spirituels—, ce sont les nombreux vautours qui planent et qui vont télécharger leurs contenus pour en éditer, physiquement, des versions pirates qui foisonnent dans divers pays étrangers.

Lorsqu’on achète un livre, un CD, un jeu de cartes, etc., il faut bien comprendre que c’est le travail d’un tas d’intervenants. Non seulement le créateur et son éditeur, mais aussi celui de maquettistes, d’ingénieurs du son, de correcteurs, d’imprimeurs, de diffuseurs, etc. Dès lors qu’un travail est pillé/piraté, aucun de ces intervenants n’est rémunéré pour un travail dont ils sont pourtant à l’origine. Par analogie, c’est comme construire soi-même sa propre maison mais se retrouver à la rue parce qu’on s’en est fait virer.

Pour répondre plus particulièrement à l’objet de votre question, malgré tout cela, oui, cet oracle m’appartient et il appartiendra à mes ayant-droits après que j’ai quitté ce monde. Ce que le public en pense et imagine est son affaire. Avec un peu de chance, l’Oracle de la Triade sera dans le domaine public dans deux ou trois cents ans.. ? À bon entendeur.


Oracle de Babylone présenté comme un prequel de la Triade:
Est-ce que cet oracle est légal? est-ce que vous en avez entendu parlé
?

Pour être très clair, ce jeu, ainsi que le livre qui lui est associé sont tous les deux des contrefaçons outrageantes, parfaitement illégales.

Je n’ai jamais été au courant (pas plus que mon éditeur) de ce projet, et j’ai encore moins participé à l’élaboration de quelque chose d’aussi insensé comme peut hélas le penser un certain nombre de gens.
Cela dit, je ne peux pas blâmer le public pour sa confusion (et parfois sa colère) compte-tenu à la fois de la campagne de désinformation mise en place par cet éditeur —envahissant en tant qu’ « invité » un tas de forums et faisant la promotion de cette « découverte »—, et la composition même de cet oracle grotesque.

Comme vous le soulignez, ce jeu a été présenté comme étant la « version originale et complète » de l’Oracle de la Triade. Alors que mon travail se compose de 57 cartes, « l’Oracle de Babylone » en comprend 79. L’incroyable argument est que mon jeu ne serait qu’une version « incomplète » de « l’Oracle de Babylone » qui lui-même serait « l’un des jeux divinatoires les plus anciens jamais créé », et dont « les origines remonteraient à plusieurs siècles », au Moyen-Orient.

Je me mets du coup aisément à la place des gens qui possèdent l’Oracle de la Triade et qui se sentent soudain floués, à deux niveaux. D’un côté, il y a ceux qui pensent avoir acheté un oracle soi-disant « incomplet » qui dès lors fait figure sinon d’arnaque, du moins de mensonge. D’un autre côté, il y a ceux qui tout aussi logiquement n’y voient soudain qu’une pure opération de marketing pour laquelle il est très facile, comme ils remarquent, des années après la sortie de l’Oracle de la Triade, de mettre sur le marché un « nouveau jeu », rebaptisé, que l’on propose soudain comme étant en fait la « version complète » — s’il vous plaît, repassez à la caisse si vous voulez découvrir et manipuler « l’original ».

C’est assez abject comme concept et je ne peux décemment pas ignorer une chose pareille. Outre qu’il est extrêmement blessant de voir son travail ainsi pillé et bastardizé, c’est aussi se retrouver dans une position terriblement inconfortable auprès de plusieurs dizaines de milliers de gens qui vous ont fait confiance et à qui l’on annoncerait sans détour : au fait, si vous voulez vraiment comprendre certaines choses, je vous propose en exclusivité la clé des clés, merci d’avance pour votre numéro de carte bleue.
C’est absolument révoltant.

J’ai reçu et eu l’occasion de lire plusieurs missives et messages contrits, parfois haineux et même si je peux tout à fait comprendre ces réactions, elles n’en restent pas moins blessantes car elles ne correspondent aucunement à la réalité. D’un coup, je n’apparais plus que comme encore un autre ‘voleur’ assoiffé de zéros sur son compte bancaire.

Je ne suis pas tout à fait libre, à cet instant, de révéler certains détails assez épiques de cette sombre affaire car ce litige est actuellement entre les mains de la justice. Mon éditeur et moi-même avons naturellement fait valoir nos droits devant le tribunal. Invitez-moi de nouveau dans quelques mois, je vous raconterai une histoire…


Comment vivez-vous le plagiat et la récupération commerciale ou non de votre ouvrage (écrits comme oracle)?

Depuis le temps, je devrais y être habitué mais je dois dire que ce n’est pas le genre de chose à laquelle on s’habitue. Il faut savoir que —comme je l’ai évoqué—, depuis sa première publication, l’Oracle de la Triade s’est imposé comme l’un des jeux les plus utilisés. Juste après le Tarot de Marseille et l’Oracle Belline, il est depuis plus de vingt ans, le jeu divinatoire le plus vendu et… le plus convoité.

Déjà en 1995, seulement trois ans après sa sortie, ce jeu faisait l’objet d’une contrefaçon en Israël. Un an plus tard, en France, un autre éditeur publiait un livre (signé par un auteur au demeurant relativement connu) d’une bêtise affligeante pour lequel je me suis toujours demandé, pour qu’il soit aussi mauvais, contradictoire et d’une pauvreté aussi flagrante, s’il n’avait pas été une simple commande éditoriale, et rédigé à la va-vite de façon à simplement surfer sur l’engouement du public concerné pour un jeu qui avait déjà fait son nom. C’était un bon moyen de profiter de l’intérêt d’une audience pour amasser des bénéfices, exclusivement…

Le plagiat, les contrefaçons sont devenus un phénomène exponentiellement omniprésent du fait des moyens technologiques dont nous disposons aujourd’hui, tels qu’Internet. Comment est-ce que je le vis ? Assez mal, pour tout dire, et ce pour deux raisons.

La première, c’est la question qui fâche et qui semble heurter la sensibilité et le raisonnement —l’absence de ce dernier, en réalité— de la part d’une certaine tranche du public qui pense que mon intérêt est exclusivement financier.
La seconde et surtout, c’est la dénaturation de mon travail. Je profite de cette occasion pour confirmer qu’il n’existe aucun cours, aucun stage, aucune formation ou aucun atelier concernant l’Oracle de la Triade. Tout ce que vous pouvez rencontrer en ce sens n’est qu’un pillage systématique de mon travail.

Ironiquement, c’est aussi la raison pour laquelle j’ai publié mon livre. Une opportunité pour le public d’obtenir des précisions et nombre de détails concernant ce jeu de cartes pour une somme modique. Cela n’empêche pas certains individus en mal d’attention (et surtout assoiffés de liquidité) de proposer ce type de formation —dont le contenu leur est tout personnel et certainement pas approuvé par moi même ou mon éditeur— à des tarifs ahurissants, 300€ en moyenne. Évidemment, pour 19,10€, il faut prendre la peine de lire mon livre…
Récemment, j’ai découvert qu’une formation à 450€ sur trois jours doit avoir lieu à Paris ce mois-ci. Outre que j’en étais à me pincer pour me ramener à la réalité à cette lecture, c’est la parenthèse qui m’a décimé : [ad verbatim] « 360€ pour les demandeurs d’emploi ». Vous lisez bien. C’est purement et simplement ignoble.

J’attends toujours un début d’argument concernant ce tarif « pour les demandeurs d’emploi ». Le seul que j’ai pu obtenir est le suivant : « Vos remarques sur le prix de ma formation sont donc parfaitement inopportunes ». Évidemment, il est parfaitement inapproprié d’oser signifier à quelqu’un ce genre de chose... Je n’ai absolument aucune patience avec ce type de personne, ni avec ce genre de pratique. Je déteste avec une passion intense cet arnaquage systématique pratiqué par ce type d’individus qui me lient sans que je n’aie rien demandé, à leurs desseins amoraux.


Acceptez-vous la récupération de l’oracle par les professionnels de la voyance? (les grandes plates formes proposent des tas de tirage gratuit de la Triade) et plus largement les dérives merchandising?

Il faut ici clarifier un peu les choses. Que les professionnels de la voyance utilisent l’Oracle de la Triade est une chose, et c’est leur droit. De nombreux voyants qui utilisent l’Oracle de la Triade (ou d’autres jeux, d’ailleurs) passent régulièrement à la radio et à la télévision sur des chaînes françaises et étrangères et c’est très bien.

Par contre, les choses se gâtent concernant l’hydre pyramidal des plateformes audiotel et des systèmes Internet et là, c’est carrément n’importe quoi. Malgré le nombre incalculable de sites de voyance, un petit nombre seulement appartient réellement à des personnes physiques. La vaste majorité n’est qu’un vaste montage marketing fait de « partenariats » que se partagent trois ou quatre sociétés sur le territoire français, sous couvert de nombreuses marques et filiales. Même si certains voyants travaillent effectivement pour ce genre de plateforme histoire d’arrondir leur fin de mois, bien souvent, le/la « voyant/e » en question est tour à tour spécialiste de l’Oracle de la Triade, spécialiste de questions légales, spécialiste en construction de piscine ou professionnel concernant des questions informatiques… Ça laisse rêveur.

Pour ne parler que de mon jeu (mais c’est valable pour d’autres), des centaines de sites proposaient des tirages gratuits en ligne de l’Oracle de la Triade. En y regardant de plus près nous avons découvert qu’ils émanaient tous d’un seul et même script —absolument mauvais de surcroît—, qui reprenait l’intégralité des visuels du jeu et peut-être seulement un tiers des significations des cartes (ré-écrites), dans un ensemble farfelu qui n’avait aucun sens. Nous y avons mis un terme. Quand bien même ç’aurait été un tirage reprenant les informations réelles, évidemment, ni mon éditeur ni moi-même n’avons jamais été approchés. Le but est toujours pour ces sociétés de surfer sur la notoriété de l’Oracle de la Triade, du Belline, etc., et d’appâter le public afin de générer des profits via des numéros de téléphone surtaxés ou simplement des ‘clics’ sur leurs sites. Sans même appeler leur plateforme, dès que vous affichez leur/s page/s, c’est un revenu effectif pour eux émanant de publicités Google sur la page en question.

L’une de ces sociétés avait/a plusieurs sites, chacun au nom d’une voyante différente qui se posait comme une « spécialiste de la Triade » —tout juste si elle n’était pas diplômée de l’Université de l’Oracle de la Triade, franchement—, et chacun d’eux était habillé des cartes du jeu, ce qui donnait l’impression au public de mon implicite validation et d’une certaine authenticité. Simultanément, ces mêmes « voyantes » étaient sur d’autres sites, spécialistes des runes ou d’autre supports. Curieusement, on retrouvait leur visage dans des banques d’images gratuites, dans diverses publicités pour salons de jardin ou comme directrices de compagnies d’assurances… Aujourd’hui, elles sont devenues, après nos courriers, absolument spécialistes du Tarot de Marseille… Ce jeu étant dans le domaine public, cette société est tranquille.

Ce type de pratique est inacceptable.
Tout d’abord parce que je trouve cela amoral et vil, mais aussi parce qu’en ce qui concerne mon travail, c’est du parasitisme pur et simple. Pour expliquer un peu, nous avons fait le calcul de ce que peuvent générer ce genre de sites en terme financier. Comme les pages sont généralement saturées de publicités diverses, le seul fait d’accéder au site peut générer jusqu’à plusieurs dizaines de millers d’euros par an, sur le seul nom de mon jeu dans une URL. En appels audiotel, ce chiffre grimpe de suite à des montants trois ou quatre fois plus importants, sachant qu’il en va de même pour d’autres jeux tels le Belline, l’Oracle Gé de Gérard Barbier, etc.

En ce qui me concerne, je ne cautionnerai jamais ce genre d’escroquerie.

Rien d’étonnant cependant, à ce que ce marché se chiffre en milliards d’euros par an, sans que jamais les auteurs contemporains de jeux n’en perçoivent un seul centime, sauf à être partenaires, et même dans ce cas, ce n’est simplement qu’hilarant.

Malheureusement pour ces sociétés, je suis en très bonne santé et je n’ai absolument aucune intention d’approuver, même implicitement, leurs pratiques. Deux d’entre elles ont approché ma maison d’édition pour un partenariat. Mon éditrice m’en a fait part : ma réponse sera toujours NON.


Avez-vous des projets ésotériques en cours ou à venir?

Après bien longtemps, j’ai quelques projets dans ce domaine, oui. Je ne suis pas à même de pouvoir parler en détail de chacun, mais je peux cependant en évoquer quelques uns.

Le premier, c’est le site officiel de l’Oracle de la Triade sur lequel je travaille avec quelques complices talentueux depuis quelques mois. Outre certaines surprises, ce site donnera l’opportunité aux blogueurs et administrateurs de forums dédiés de se procurer des matériels officiels qu’ils pourront utiliser légalement, au lieu de les voler, par exemple... Ce sera l’occasion aussi pour moi d’expliquer certaines choses et de répondre à certaines questions récurrentes sur le jeu afin de dissiper certains mythes et autres confusions, notamment en ce qui concerne les ‘fameuses’ cartes beiges ou blanches (selon les éditions) et d’autres idées un peu saugrenues qui circulent et que franchement je n’ai jamais compris.

Nous avons aussi avec mon éditeur, un projet de traductions du jeu et du livre dans d’autres pays, dont certaines seront agrémentées de textes d’introduction ou de postface écrits par quelques personnages vraiment intéressants.

Je travaille aussi en parallèle sur plusieurs autres projets dont la plupart n’ont rien à voir avec l’ésotérisme.


Autres:

Un conseil pour le lecteur?

Observer. Évaluer. Expérimenter. Rincer, répéter.
La vérité, comme la réalité dont elle dépend, n’existe en aucun cas pour nous plaire ou nous convenir. Elle existe pour être apprise, comprise, et embrassée. La masse de l’univers tout entier égale zéro. Lorsque vous parvenez au point zéro : have fun !


Qui verriez-­vous interrogé à votre place?

Jed McKenna. Mais je doute fort que ce garçon se prête à ce genre d’exercice. Ce serait assurément épique cela dit —surtout si je conduis l’interview.


La vengeance d’Eric Gazano:
Comment décrire quelque chose qu’on ne voit pas
?

La question est un peu vague (pardon, Éric) mais très intéressante. Clairement, on peut facilement décrire quelque chose qu’on ne voit pas en observant son influence sur l’environnement.

On ne voit pas le vent, par exemple, pourtant on peut le décrire, le définir et l’expliquer à un enfant sans à proprement parler le voir. On peut observer ses effets, son influence de manière tangible.
On ne voit pas non plus un tas de choses à l’œil nu, que ce soit en physique pour l’atome ou ses éléments si l’on plonge dans l’univers quantique, tout comme on ne voit pas un tas de choses en cosmologie même si les mathématiques nous permettent sinon de les voir, du moins de les appréhender logiquement et dès lors, les matérialiser en quelque sorte (je songe à la matière noire, les WIMP ou les trous noirs, par exemple).

Plus qu’une question, c’est un thème philosophico-scientifique.
Voir, percevoir, est une chose toute relative. Le cerveau humain est prompt à la déception et facilement manipulable (illusions d’optique, paréidolie). L’expérience de la main invisible en neuroscience est à ce sujet extrêmement fascinante et édifiante.

La réponse la plus courte pourrait tout aussi tenir en un seul mot : imagination.
Après tout, c’est le vivier des croyances…


La vengeance pour le futur interviewé :

La vérité (comme le revendiquent particulièrement nombre de ‘pensées New Age’) peut-elle être personnelle ?

 

 

 

 

 

 

Merci pour votre participation!
Interview par Hagel
Pour Equi-nox.net
Septembre 2
014

 

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